Pourquoi le stress ne se règle pas seulement “dans la tête” ?
- Baptiste Quinzoni

- 25 mai 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 2 jours
Il arrive souvent d’entendre :« Je sais que je me fais du souci pour rien. »« Je devrais réussir à me calmer. »
Pourtant, même lorsque l’on comprend qu’une situation n’est pas objectivement dangereuse, le corps peut continuer à réagir : tension musculaire, accélération du rythme cardiaque, agitation intérieure, difficulté à dormir.
Pourquoi le stress persiste-t-il parfois malgré la compréhension rationnelle ?

Le stress est une réponse physiologique normale
Le stress correspond à une réaction d’adaptation de l’organisme face à une situation perçue comme exigeante ou menaçante.
Il implique notamment l’activation du système nerveux autonome et de mécanismes hormonaux destinés à mobiliser l’énergie nécessaire pour faire face. Cette réponse est rapide et en grande partie automatique.
Dans certaines situations, cette activation est brève et adaptée. Dans d’autres, elle peut devenir plus fréquente ou plus durable. On parle alors de stress chronique, lorsque l’état d’alerte tend à se prolonger dans le temps.
Comprendre ne suffit pas toujours à apaiser
Les processus impliqués dans les réactions émotionnelles peuvent s’activer plus rapidement que les mécanismes d’analyse consciente.
Ainsi, il est possible de savoir qu’un événement n’est pas dangereux, tout en ressentant malgré tout une réaction corporelle intense.
Certaines expériences passées peuvent influencer la sensibilité du système nerveux à certaines situations. Il ne s’agit pas d’un défaut de volonté, mais d’un mode de fonctionnement appris et consolidé au fil du temps.
Cela peut se manifester par :
une tension persistante
une sensation d’hypervigilance
une fatigue importante
une difficulté à se détendre
Une régulation progressive
Lorsque le stress s’installe, il ne peut pas toujours être modifié uniquement par la réflexion ou la volonté.
La régulation émotionnelle repose sur plusieurs dimensions : relationnelle, cognitive et physiologique. Un cadre sécurisant et une relation stable peuvent soutenir cette régulation, en permettant au système nerveux d’ajuster progressivement ses réponses.
Il ne s’agit pas de supprimer le stress — qui reste une réponse utile dans certaines circonstances — mais d’en moduler l’intensité et la fréquence lorsque celle-ci devient disproportionnée ou envahissante.
Avec le temps, certaines personnes observent :
une meilleure stabilité émotionnelle
une capacité accrue à faire face aux situations stressantes
une diminution des réactions automatiques excessives
Changer de regard sur le stress
Le stress n’est pas un signe de faiblesse. Il témoigne d’un mécanisme de protection.
Lorsque cette réponse devient trop intense ou trop fréquente, il peut être pertinent d’en explorer les mécanismes et d’apprendre à mieux comprendre son fonctionnement.
Ce travail permet souvent de porter un regard plus nuancé sur ses réactions et d’engager un processus d’ajustement plus apaisé.


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